Une nouvelle étude examine les tendances des taux de faible revenu
chez les nouveaux immigrants au cours des trois dernières décennies et
compare ces taux à ceux observés chez les Canadiens de naissance.
Au cours des années 1980 et 1990, les taux de faible revenu ont
augmenté chez les immigrants, mais ils ont baissé chez les Canadiens de
naissance. Cette tendance a changé durant les années 2000, les taux
ayant alors diminué chez les deux groupes. Chez les nouveaux immigrants,
ceux établis au Canada depuis cinq ans ou moins, le taux de faible
revenu a diminué pour passer de 39,4 % en 2000 à 31,9 % en 2010. Au
cours de la même période, chez les immigrants établis au Canada
depuis 6 à 10 ans, le taux a fléchi pour passer de 35,1 % à 27,3 %. Les
taux de faible revenu des immigrants ont diminué dans toutes les régions
du Canada, sauf à Toronto, où ils sont demeurés stables. Le Manitoba et
la Saskatchewan ont enregistré les baisses les plus marquées.
En termes relatifs, l'écart entre les taux de faible revenu chez les
nouveaux immigrants et les Canadiens de naissance s'est accentué au
cours des années 1980 et 1990. En 1980, le taux de faible revenu des
nouveaux immigrants était 1,4 fois plus élevé que celui observé chez les
Canadiens de naissance, tandis qu'en 2000, le taux relatif
était 2,5 fois plus élevé.
Entre 2000 et 2010, le taux relatif de faible
revenu entre ces groupes a peu varié et il s'établissait à 2,6 à la fin
de la décennie. Le Manitoba et la Saskatchewan, où le taux de faible
revenu chez les nouveaux immigrants était égal à 1,2 fois celui observé
chez les Canadiens de naissance en 2010, représentaient la principale
exception régionale à cette tendance.
Étant donné la hausse des taux de faible revenu chez les immigrants
au cours des années 1980 et 1990, ainsi que la part croissante
d'immigrants dans la population, l'immigration a eu une incidence
importante sur le taux global de faible revenu au Canada. Ainsi, selon
des travaux de recherche précédents, durant les années 1990, la hausse
des taux de faible revenu à Montréal, à Toronto et à Vancouver était
reliée presque entièrement à l'accroissement des taux de faible revenu
et des parts de population des immigrants.
En revanche, la situation a changé dans les années 2000 durant
lesquelles, contrairement aux décennies précédentes, l'immigration n'a
pas contribué de façon disproportionnée à la variation des taux de
faible revenu ni à l'échelle nationale, ni à Toronto et à Montréal. À
Vancouver, environ les trois quarts de la diminution de 3,5 points de
pourcentage du taux de faible revenu étaient attribuables à des
diminutions des taux de faible revenu et des parts de la population chez
les immigrants établis au Canada depuis 15 ans ou moins.

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