Si le terme de diaspora pose un certain
nombre de problèmes quant à sa définition, il n’y a pas de consensus sur
les critères théorique et méthodologique à retenir entre les chercheurs
qui s’y intéressent et veulent l’étudier. Ils incluent ou excluent donc
des populations migrantes de leur propre définition. Par ailleurs cette
notion connaît un usage inflationniste et donne lieu à des
interprétations multiples depuis qu’elle est passée dans le langage des
médias et dans le langage courant.
Dans quelles conditions une
forme de dispersion démographique, de migration ou de minorité, peut
être assimilée à une diaspora ? Qu'en-est-il du cas des migrations
marocaines ?
Les réalités migratoires et d’installation dans
les pays d’accueil des Marocains vivant à l’étranger constituent un
ancrage intéressant pour revisiter et progresser dans cette approche
conceptuelle de la diaspora. C’est le premier enjeu de ce dossier que la
revue propose de traiter à la lumière de travaux de recherche récents
portant sur cette population.
En 2003 la revue
Hommes et Migrations a publié un dossier sur les
Marocains de France et d’Europe
, coordonné par R. Alaoui. Dix ans après, il semble utile d’analyser
les évolutions opérées au sein de cette migration qui a entres autres
caractéristiques : sa mondialisation (Europe, Amérique du Nord , les
pays du Golfe…), sa féminisation croissante qui n’est plus seulement le
fruit du regroupement familial, mais également le résultat d’une
migration féminine autonome, souvent diplômée, son rajeunissement, sa
diversité qui s’illustre par la pluralité des statuts (étudiants,
travailleurs, saisonniers entrepreneurs commerçants, retraités, etc)
mais aussi son vieillissement pour une frange de migrants partis dès les
années d’après-guerre, son enracinement dans les sociétés d’accueil
comme en témoigne le fort taux de naturalisation, la dynamique du
mouvement associatif, l’émergence en son sein d’une élite hautement
qualifiée dans différents domaines etc. Parallèlement à ces mutations
internes, le pays du départ (le Maroc) est devenu, depuis plus d’une
décennie, un pays d’accueil et surtout de transit pour des migrations en
provenance d’Afrique subsaharienne.
Sommaire pressenti :
Alaoui R., La notion de diaspora : intérêts et enjeux sur l’analyse des flux marocains
Mounir H., Comparaison des formes d’adaptation et d’intégration des Marocaines en France et aux Pays-Bas
Lacroix T., Familles transnationales marocaines (encadré)
Barthou E., Une nouvelle génération « les pieds trempés dans l’ancienne » (Sayad), analyse des apports des jeunes à la diaspora marocaine
Mahieu R., Fadil N., From Homeland to land of opportunity in Belgium (article à traduire)
Delezenne L., Vers la fin de l’immigration marocaine en Europe ?
Quero F., Aboussi M., Diminution des transferts des émigrés et transmission de la crise économique au Maroc : les causes, effets et les risques
Caquel M., Jamid H., Du couscous au foie gras : l’investissement des Marocains dans le secteur de la gastronomie et ses répercussions au Maroc (encadré)
Abouzaïd M., Asal H., Les Marocains au Canada : histoire, profils et enjeux
Belabdi M., Les médias ethniques communautaires au prisme de l’expression diasporique en construction au Québec
Asmaa. A., Pratiques politiques des migrants marocains en France (encadré)
Lacroix T., Les associations de marocains en France et leur rôle dans le développement du Maroc
Rezrazi E. M., Chaker A., Étude exploratoire sur la communauté marocaine résidente au Japon
Dumont A., Les revendications du droit de vote aux élections parlementaires des marocains de l'étranger
Alioua M., Le Maroc comme pays de transit pour les circulations subsahariennes
Les migrants marocains au Proche-Orient ou dans les émirats arabes
Id Yassine R., Gartet F., Habiter
chez-soi : le salon marocain en France. Pratiques résidentielles et
représentations sociales chez les Marocains du Roussillon
Etien M-P, L’alimentation, un lieu de lecture des phénomènes identitaires : le cas des Marocains vivant en France
hommes-et-migrations.fr/