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lundi 23 mars 2015

أي دور لسفراء المملكة في مجال تعزيز الانتماء للوطن ومواكبة مغاربة العالم ( الطاهر أنسي)


يعيش مغاربة العالم، خاصة الجيل الثاني والثالث، بالدنمارك حالات من التذمر والغضب بسبب تجاهل مصالح القنصلية بالسفارة التي ترفض طلباتهم المتعلقة بالزواج أو الطلاق، وتحجب المعلومة التي نص الدستور على توفيرها للجميع دون شرط أو قيد، ويؤدي المغاربة ثمن التماطل الإداري وتعقد المساطر التي تعيق الولوج للحقوق المدنية كجزء أساسي في المنظومة الكونية لحقوق الإنسان، بإرغامهم على السفر للمغرب أو هولنذا، وفي ذلك ضرب سافر لسياسة تقريب الإدارة من المواطن، وشرعية طرح أسئلة ذات بعد علائقي، اجتماعي، سياسي، حقوقي، وطني، دستوري ووجودي.

ما الدور الحقيقي للسفارات والقنصليات التي تعتبر المغرب في بلاد المهجر؟ ما جدوى الخطب الرسمية التي تنص على تقريب الإدارة من المواطن؟ ماهي المقاربات التي تعمل بها سفارات المملكة في مجال تعزيز الانتماء للوطن ومواكبة مغاربة العالم من أجل انطلاقة اقتصادية تؤثر بشكل ايجابي في مسلسل التنمية الاقتصادية للمملكة؟ هل يعي التوجه العام بالمغرب خطورة ضعف أو غياب الخدمات المدنية على علاقات الانتماء للمغرب كبلد إسلامي له توابث ومقدسات ويراهن على الأجيال الصاعدة لتثبيت دعائم تنمية بشرية وتكريس ثقافة حقوقية مبنية على أسس الحكامة الديمقراطية التشاركية؟ ...

 وقد كانت هذه الأسئلة والتحديات التي يقول عنها الخطاب الرسمي عائق أمام التنمية البشرية، وراء إقدام مستشار سابق بالمجلس البلدي بكوبنهاكن على رفع رسالة إلى جلالة الملك يطلعه فيها مشاكل المغاربة ببلاده ويناشده التدخل لتعزيز الخدمات التي تشرف عليها البعثات الدبلوماسية للمملكة. 

إن التقصير الذي يعيق التمتع بالحقوق المدنية ويجعلها في مجال شبيه بمعاملات السوق العمومي، يتنافى مع روح ما نطق به الدستور الجديد والذي يولى مغاربة العالم أهمية كبرى بعد الوحدة الترابية والتربية والتعليم، وحيث أن المواطنة هيام بهذا الوطن، فيجب إعادة النظر في الأساليب الإدارية والاختصاصات المنوطة بسفارات وقنصليات المملكة المغربية، وإخضاعها للمراقبة والمسألة، ف 5 ملايين مغربي بالمهجر قادرة على التأثير إيجابا كما سلبا على مستقبل البلاد، ولتكثف البعثات الدبلوماسية المغربية من برامج التنشئة الاجتماعية التي تساهم في التعريف بالحضارة المغربية والتنوع الثقافي وقيم التسامح والسلم التي ينعم بها المغرب والفرص الاقتصادية المتاحة أمام الشباب من أجل مغرب متحرك ومواطن متشبع بوطنيته ومدافع عنها، بدل تركهم عرضة للتيه والبحث عن موطن غير قانوني يقدرهم كمواطنين لهم حقوق وعليهم واجبات.

 الطاهر أنسي
 رئيس المركز الوطني للتنمية والوحدة الترابية

L'islam de France, entre réforme et renouveau par Anouar Kbibech



L'islam de France, entre réforme et renouveauLe message de Dieu aux Hommes n'a cessé de se renouveler, par le biais des prophètes et des messagers, à travers les époques et envers les Nations. Mais si les portes de la révélation à travers les prophètes et les messages sont closes, celles du renouveau de la religion, au niveau de la pensée et au niveau de la pratique, resteront ouverts jusqu'à la fin du monde !

La continuité du renouveau va de pair avec l'arrêt de la Révélation. En effet, c'est parce que l'Islam parachève la religion et correspond au dernier des messages, qu'il se doit d'être une religion renouvelée et un message renouvelé.

En effet, il est dans l'habitude des gens à travers les époques d'introduire des interprétations erronées ou d'ajouter des pratiques déviantes. Les uns s'orientent plus vers une certaine rigidité et un certain excès, et les autres plus vers un certain laxisme et une certaine permissivité. Le renouveau devient alors nécessaire et indispensable.

Les musulmans ne sont pas exempts de cette règle sociologique et historique. Ils ont donc besoin du renouveau de leur religion et de la réforme de leur pratique de temps à autre. Le renouveau devient alors un acte de protection et de préservation.

Il convient de préciser que le renouveau ne peut concerner les principes immuables de l'islam et ses grandes vérités. Il correspond à une action de contextualisation dans le temps et l'espace, pour la compréhension de la religion et l'ajustement de son application dans une société et une réalité en perpétuels développement et transformation. C'est pour cela que le Prophète Muhammad confirme, à travers un célèbre hadith, la nécessité de ce renouveau : « Allah envoie à la Oumma (la communauté des croyants) tous les cent ans celui qui lui renouvellera sa religion. »

Le renouveau auquel les musulmans sont invités doit toucher tous les compartiments de la vie même si, dans la plupart des cas, c'est surtout le renouveau de la pensée et de l'effort Intellectuel (Ijtihad) qui sont visés. 
Pourquoi renouveler la foi et la pratique
Le renouveau de la foi vise à rectifier certaines interprétations ou à purifier certaines formes de religiosité. Il consiste aussi à redonner vie à cette foi, à la sortir de sa stagnation pour qu'elle redevienne agissante sur les esprits avides de spiritualité et de quiétude. Il a aussi pour objectif d'élever la conduite et le comportement de l'Homme vers une plus grande droiture et une plus grande miséricorde.

Le renouveau de la pratique consiste à redonner vie à cette pratique pour qu'elle redevienne une école de pureté de l'adoration et pour que cette pratique soit l'école de la moralisation, de la réforme, et du réajustement.

Le renouveau de la pratique vise aussi à éviter l'attachement à certaines formes de la pratique religieuse sans se préoccuper du fond et des finalités de cette pratique. Il permet d'éviter une pratique religieuse « par habitude » ou « par imitation ». La pratique redevient alors un acte délibéré et réfléchi, pour une plus grande spiritualité et une plus grande élévation de l'esprit. 

Le renouveau de la pensée, un préalable
L'ensemble des savants et des penseurs musulmans s’accordent sur le fait que la crise des musulmans aujourd’hui est d'abord et avant tout une crise de la pensée et une crise du savoir. En effet, le véritable danger qui guette les musulmans est celui de « la stagnation intellectuelle ».

Le renouveau de la pensée (ijtihad) concerne les aspects qui se prêtent à l'effort Intellectuel pour répondre aux variations et au changement de l'environnement. A travers l’Histoire, les musulmans et leurs savants ont eu des approches et des interprétations qui variaient dans le temps et l'espace.

Le résultat de ces efforts Intellectuels, même s’il était juste à un moment donné, n'est pas forcément adapté à un autre temps ou à un autre lieu. Mieux encore, nos illustres savants changeaient leurs points de vue et leurs déductions d'un endroit à un autre et d'une époque à une autre.

Le meilleur exemple pour illustrer ceci est celui de l'imam Ach-Chafi'i qui a changé sensiblement sa pensée et sa jurisprudence après avoir migré de l'Irak en Egypte. Il avait donc deux approches : une ancienne et une nouvelle, une Irakienne et une égyptienne. Si nous constatons ce changement chez la même personne, qu'en est-il de surcroît si nous prenons en compte le changement d'époque, l'éloignement géographique ou la variation des conditions et des situations ! 

Quel renouveau pour l'islam de France ?

Si les musulmans en général ont besoin d’un renouveau de la pensée et de la pratique religieuse et d’une ouverture sur leur environnement, ceci est encore plus crucial pour les musulmans de France.

Pour y arriver, ces derniers doivent être porteurs d’un esprit de renouveau et d’ouverture qu’ils doivent mettre en pratique à travers leurs engagements et leurs activités de tous les jours. Leur intégration dans la société doit se faire sans repli sur eux-mêmes, en abandonnant définitivement le mythe du « retour aux pays d’origine » pour certains. De même, ils doivent contribuer à la vie de la nation dans différents domaines politique, économique et social en assumant leur devoirs en tant que citoyens à part entière.

Autres défis à relever, les musulmans de France se doivent de coordonner leurs efforts afin d’innover et de mettre en place de nouvelles formes de religiosité qui, tout en respectant les aspects immuables de leur religion, prennent en compte leur contexte de vie avec ses contraintes, ses réalités et ses défis.

Aussi, il faut penser à mettre en place un « conseil religieux » pour mener cette réflexion de fond. Ce conseil théologique, qui pourrait être institutionnalisé par le CFCM, regrouperait plusieurs savants et référents religieux issus des différentes composantes de l’islam de France.

Enfin, s’ouvrir davantage vers les autres religions est essentiel, en renforçant les conditions d’un meilleur vivre ensemble avec toutes les composantes de la société française. L’objectif n’est pas de former un « front des religions » mais plutôt de créer des espaces d’échange et de convivialité qui favorisent une meilleure connaissance mutuelle et une plus grande concorde entre les croyants de toutes confessions.

Il est certain qu’un tel renouveau et qu’une telle réforme ont besoin d’échanges, de réflexion et de débats entre les musulmans pour faire émerger enfin un « islam de France » qui soit à la hauteur des défis majeurs auxquels les citoyens de confession musulmane doivent faire face dans les périodes troubles à venir.

Dans le même temps, la société française doit également accompagner ce mouvement et le consolider en considérant définitivement que les musulmans de France sont une composante majeure de la communauté nationale. Leur citoyenneté ne peut souffrir d’une quelconque remise en cause et ne peut être considérée comme une citoyenneté de seconde zone. Les musulmans de France réclament aujourd'hui le droit à « l’indifférence », notamment vis-à-vis de leurs pratiques religieuses. Ils n’aspirent qu’à vivre sereinement et paisiblement leur spiritualité, loin de toute provocation et de toute surenchère.

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Anouar Kbibech 
Président du Rassemblement des musulmans de France (RMF) 
et vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM). 
 
 

mardi 17 mars 2015

Le SG du CCME et l'avenir des droits politiques par rapport au Maroc des citoyens marocains à l'étranger par


Comme à l'accoutumée, faute d'actions concrètes sur le terrain, les responsables du Conseil de la Communauté Marocaine à l'Etranger essaient d'attirer l'attention sur eux en occupant le champs médiatique.ils semblent dire la chose suivante : "on fait de la "com", on y excelle même,donc on existe et on est obligé de nous prendre en compte"!

C'est ainsi que,privilégiant les sorties médiatiques, Abdellah Boussouf, secrétaire général du CCME,a accordé dernièrement une interview au journal arabophone Almassae avec pour titre:"Boussouf : le gouvernement et le parlement nous marginalisent", dans la mesure où ils n'ont jamais soumis au CCME un dossier pour avis".

La faute est-elle au gouvernement et au parlement ?

Ainsi,le ton est donné.Si le CCME n'est pas productif,s'il somnole et manque d'efficience, c'est parce que le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif ne l'associent pas et ne prennent pas en considération son existence avec ses propres prorogatives et attributions. Toujours selon le secrétaire général, lorsque certains critiquent l'action du CCME,il y a très souvent une confusions,dans la mesure où on attribue au Conseil une fonction exécutive,qui est en fait le rôle du gouvernement qui a pour fonction l'exécution de la politique nationale en direction de la communauté marocaine résidant à l'étranger, alors que le Conseil a un rôle de réflexion et de consultation.

Or dans le débat public et selon nous,les interrogations et critiques à l'encontre des responsables du CCME ne portent pas sur des données exécutives qui sont du ressort du gouvernement,mais relèvent des prérogatives et attributions du CCME, telles que définies par le dahir n°1-07-208 du 21 décembre 2007 portant création du Conseil,à savoir une mission consultative et une mission prospective. Les critiques portent également sur la mal gouvernance de l'institution et la non transparence dans sa gestion, en violation flagrante du dahir portant création du Conseil et des règles élémentaires de la bonne gouvernance.

Prenons certains des éléments les plus significatifs. Pourquoi les responsables du CCME n'ont pas présenté au Souverain un avis consultatif sur la manière d'impliquer les citoyens marocains à l'étranger dans la vie démocratique nationale,tel que ceci leur avait été demandé lors de leur nomination le 21 décembre 2007 ? Pourquoi,avant la constitutionnalisation du CCME par la constitution de juillet 2011,les responsables du Conseil n'ont présenté aucun avis consultatif sur le prochain conseil,conformément à l'article 25 du dahir du 21 décembre 2007 ? Un document sur le Conseil figurant sur le site officiel du CCME précise  lui même  ce qui suit : "le dahir portant création du Conseil lui confère la mission d'élaborer des avis sur la composition du futur Conseil et sur les modalités de participation des émigrés marocains à la vie démocratique de la nation. L'élaboration de ces avis devra être  précédée par une large concertation que le Conseil est tenu de mener avec les acteurs des communautés marocaines à l'étranger,les acteurs politiques et les institutions concernées au Maroc même". 

Or rien de ceci n'a été fait,en dépit de la bonne volonté de la majorité des membres du groupe de travail "citoyenneté et participation politique" relevant du Conseil,et ce en raison de l'opposition viscérale du trio dirigeant du Conseil,ce qui avait amené Abdou Menebhi, rapporteur du groupe de travail, à démissionner du CCME en février 2013.

Par ailleurs,pourquoi,en matière de prospective,telle que stipulé dans l'article 4 du dahir,les responsables du Conseil n'ont présenté aucun rapport stratégique,alors qu'ils sont tenus de le faire tous les deux ans,soit un déficit de trois rapports stratégiques depuis 2007 ? Comment dés lors le secrétaire général du CCME peut-il au même  moment incriminer le ministère chargé des MRE et des affaires de la migration d'empiéter sur ses plate bandes,en menant des études qui ne relèvent pas de son ressort ?

Pourquoi,en matière de gouvernance,les responsables du Conseil n'ont tenu que l'assemblée générale de lancement début juin 2008,alors que l'article 14 du dahir portant création du Conseil,leur impose la tenue d'une assemblée plénière ordinaire chaque année au mois de novembre ? Pourquoi aucun rapport d'activité n'a été présenté,ni aucun rapport financier et sans que la Cour des comptes ne se préoccupe de cette flagrante anomalie,contribuant à garder les responsables du CCME dans une position de totale impunité ?

Tous les éléments précédents,qui sont très importants et au cœur des attributions fondamentales du Conseil,n'ont strictement rien à voir avec l'attitude du gouvernement. La non observation des obligations des responsables du Conseil est plus liée, à notre sens,à l'absence de volonté politique de leur part,à leur sentiment d'impunité et aux multiples dysfonctionnements constatés dans la gestion chaotique de l'institution.

L'obligation de rendre des comptes

Toujours est t-il qu'après plus de sept années d'exercice,les responsables du Conseil ont à rendre des comptes,aussi bien au niveau politique qu'au plan financier. Le principe constitutionnel de la reddition des comptes pour tout responsable leur est également applicable,en l'occurrence ici,qu'il s'agisse aussi bien de "monsieur les deux présidents" (à la tête aussi bien du CCME que du Conseil national des droits de l'Homme), que du secrétaire général et même de celui qui aime encore à se faire appeler "directeur du CCME" (dans une récente vidéo toujours en ligne sur le site officiel du Conseil),ou bien qui s'attribuait dans le passé le titre usurpé de "coordinateur général", "membre dirigeant" du Conseil, alors que de fait, il n'est nullement le numéro 3 du Conseil.
Nous faisons notre mea-culpa pour avoir contribué à travers nos écrits,à lui donner ce grade dans la hiérarchie de l'institution qui n'a,juridiquement,que deux responsables. Les chargés de mission dont il fait partie, sont de simples contractuels dont on peut,voir même dont on doit résilier le contrat,lorsque l'on constate leur responsabilité dans des dysfonctionnements manifestes et dans de multiples dérapages, le dernier en date étant une intervention publique en tant que "directeur du CCME" à l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe ( APCE) à Strasbourg,qui a été une insulte aux musulmans et à l'Islam en Europe,qualifié notamment d'"islam pauvre, d'ouvriers" et d'"islam inculte qui ressemble aux gens qui le portent,qui sont le plus souvent des analphabètes" !!!
Par ailleurs,le sociologue strasbourgeois avait demandé également à "sortir du déni" suivant : "le déni qui consiste à dire pour les musulmans,oui mais ça,ce n'est pas l'islam. L'islam est une religion de paix. Certes, tous les musulmans ne sont pas terroristes .Mais, il y a un fait clair. Sur les quinze dernières années, la plupart des terroristes sont musulmans. Donc, l'on doit être très clair sur ce point".

Ainsi,au lieu que les deux premiers responsables du CCME se démarquent de cette intervention injurieuse et stigmatisante des musulmans en Europe (dont les Marocains),on a eu droit à une "mise au point"(I?) non signée et uniquement dans la partie en arabe du site officiel du Conseil, qui s'est contenté d'affirmer que l'intervenant à Strasbourg a parlé à titre purement personnel. L'occasion a été également mise à profit pour avancer que le point de vue du CCME en matière religieuse est exprimé par les différents colloques qui ont été organisés ces dernières années par le Conseil.

Or les avis consultatifs ne peuvent être ramenés simplement à la tenue de séminaires,de colloques, de tables rondes et de rencontres internationales. Certes, les échanges sont très importants,mais les avis consultatifs ont leurs propres règles de préparation,de formulation,de fondation et d'adoption après discussion dans le cadre de l'assemblée plénière du Conseil, ce qui n'est nullement le cas.

Droits politiques ou "surenchère politicienne" ?

Sur le registre des droits politiques par rapport au Maroc des citoyens marocains à l'étranger et particulièrement de la nécessaire députation des MRE,la dernière intervention de Abdellah Boussouf dans "Almassae", commence d'abord par dire que le Conseil ne refuse pas par principe la participation politique. Elle préconise ensuite la méthode graduelle, évolutive ou progressive commençant par la représentation au sein de la deuxième chambre pour arriver,avec la maturation  de l'idée, à la représentation au sein de la première chambre.

Les précédentes affirmations du secrétaire général du CCME,sont discutables au moins sur trois plans.

1-Le reproche à adresser à la direction du CCME ne consiste pas uniquement à relever leur absence de présentation d'un avis consultatif concernant la participation politique par rapport au Maroc des citoyens marocains à l'étranger. Aussi grave est le constat de leur pratique durant les sept dernières années à déconsidérer et à délégitimer cette participation au travers d'arguments fallacieux distillés par le biais d'interventions médiatiques à sens unique,de tables rondes non plurielles et d'écrits tendancieux : cette demande démocratique des MRE n'est pas prioritaire , elle est même inexistante ; les pays d'immigration interdisent ce type d’élections sur leur territoire ; cette pratique par rapport au pays d'origine est du communautarisme,une entrave et un parasitage de l'intégration dans les pays d'accueil ; question de la double allégeance; coût financier élevé d l'opération ;difficultés insurmontables du découpage électoral,de la campagne électorale et du règlement du contentieux électoral.

Avec cela, on parle aussi d'échec flagrant de l'expérience de députation des MRE entre 1984 et 1992. Tout comme le secrétaire général du CCME ajoute depuis ses sorties médiatiques de l'été 2014,le fait que les partis politiques marocains n'ont pas à s’intéresser aux droits politiques des MRE par rapport au Maroc, ceci ne serait que de la surenchère et de la politique politicienne contraire aux intérêts des MRE et de l’intérêt supérieur du pays,alors qu'à notre sens,ces positions du numéro 2 du Conseil, font fi voir même vont fondamentalement à l'encontre des dispositions constitutionnelles et de multiples discours royaux,notamment celui du 6 novembre 2005 et celui du 20 août 2012, celui-ci préconisant que les nouvelles générations de Marocains à l'étranger qui sont "nos compatriotes", participent sur tous les plans à "la construction du Maroc de demain".

2-La direction du CCME n'a jamais plaidé dans le passé pour une représentation des citoyens marocains à l'étranger à la Chambre des Conseillers.Bien au contraire,lors des travaux au printemps 2011 de la commission nationale de révision de la constitution, le président du CCME et du CNDH) en particulier, a refusé que la communauté marocaine à l'étranger soit représentée à la deuxième chambre comme l'ont demandé plusieurs acteurs politiques, syndicaux et associatifs dans leurs mémorandums.A notre sens,la raison est la suivante : la représentation à la seconde chambre se faisant de manière indirecte,elle nécessite au préalable la constitution d'un collège électoral élu, par exemple d'un CCME élu.Comme les responsable de ce conseil n'ont jamais voulu entendre parler  d'un CCME représentatif démocratiquement élu,ils ont tout fait pour que cette disposition ne figure pas dans la nouvelle constitution, qui reste par conséquent à réviser si l'on veut que les MRE soient représentés à la Chambre des Conseillers.


3-La méthode "graduelle" a été mise en avant le 16 juin 2006 par le ministère de l'Intérieur et les partis politiques marocains de la majorité parlementaire de l'époque pour remettre en cause les décisions royales de députation des MRE,à partir de circonscriptions électorales législatives de l'étranger,telles qu'énoncées dans le discours royal fondateur du 6 novembre 2005. Depuis cette date, la méthodologie "progressive" n'a nullement été mise en pratique,si bien que de fait,on peut parler en 2015,soit prés de dix années plus tard,de méthodologie régressive, qui a fait perdre au discours royal l'honorabilité qui doit être le sien. Précisons que le discours du 6 novembre 2005 n'est pas l'expression de simples vœux ou points de repères, mais de décisions opposables au gouvernement.

Pour l'avenir

En signe d'ouverture,le secrétaire général du CCME déclare sa disposition à dialoguer avec le gouvernement pour arriver à un projet de loi qui intègre les demandes de la Jaliya, répond aux défis qui se posent et défend précise t-il les intérêts de l’État marocain.Sauf qu'il oublie que la Constitution rénovée de juillet 2015 a déjà tranché l'essentiel en son article 17 en particulier et que dans ce cadre, des partis politiques aussi bien de l'opposition (Usfp et Istiqlal) que de la majorité ont pris leurs responsabilités, en déposant par le biais de leurs groupes parlementaires respectifs,des propositions de loi tendant à la députation des MRE. C'est à ces initiatives parlementaires qu;il faut accorder l'attention par respect à l'institution parlementaire et non pas à l'attente et au souhait d'avoir un projet de loi gouvernemental en la matière. La commission de l'intérieur de la Chambre des Représentants a déjà entamé les travaux. Le gouvernement doit donner son point de vue et permettre une issue favorable à ce dossier.

De même,face à l’immobilisme gouvernemental qui n'a présenté aucun projet de loi pour opérationnaliser l'article 163 de loi suprême du pays qui constitutionnalise le CCME, des groupes parlementaires de l'opposition (PAM,USFP,Istiqlal) ont présenté des propositions de loi séparées, tandis que les groupes parlementaires de la majorité (PJD,RNI,MP,PPS) ont présenté une proposition de loi commune concernant ce futur conseil. Ces propositions de lois devraient être programmées dans l'agenda de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants,avec une attention particulière également à la notion de parité,y compris pour la future direction du Conseil. L'urgence est absolue,d'autant plus que,en dehors de quelques séminaires et de la participation annuelle du Conseil au Salon international de l'édition et du livre à Casablanca, la première formule du CCME a été globalement un échec patent, aussi bien au niveau des conditions de sa formation, que de sa gestion et de ses résultats concrets en faveur des citoyens marocains à l'étranger.



Ces deux dossiers en attente au niveau de l'instance législative,devraient à notre sens,faire l'objet d'un débat national pluriel,serein,sérieux et responsable, à organiser PAR LE PARLEMENT,avec l'implication étroite notamment de la société civile MRE pour parvenir à un compromis dans ce secteur stratégique d’intérêt national.

                                                                       Rabat,le 17 mars 2015

                                                                         
Abdelkrim Belguendouz
Universitaire à Rabat,
chercheur spécialisé en migration

vendredi 13 mars 2015

Le COMITÉ 21 MARS contre le Racisme appelle à une manifestation nationale à Amsterdam le 21 mars

    « Ensemble contre le racisme, l’islamophobie, 
    l’afro-phobie et l’antisémitisme»

    Sous ce mot d'ordre, le COMITÉ 21 MARS organise une manifestation nationale à Amsterdam le 21 mars 2015 pour la Journée Internationale contre le Racisme et la Discrimination. Nous appelons à une reconnaissance de l’islamophobie comme une forme de discrimination, à une lutte efficace contre le racisme envers les musulmans et à prêter plus d’attention au thème de l’esclavage et au passé coloniale néerlandais. 

    Les organisateurs font un plaidoyer en faveur d'un véritable plan d’action contre la discrimination sur les plans du travail, de l’éducation, du contrôle de faciès par la police, et ce, pour élaborer ensemble une politique d’asile plus humaine et respectueuse des droits de l’ homme. 

    Le programme du Samedi Après-midi 21 mars 2015 à Amsterdam : 

  • A partir de 13 h 00 : Rassemblement des manifestants à la place Dam , Abdou Menebhi prendra la parole au nom du Comité 21 mars et Maryama Omar au nom des réfugiés somaliens 

  • A 13 h 30 : Départ de la manifestation à partir de la place Dam via Rokin, Munt, Vijzelstraat en Stadhouderskade en direction de Museumplein. 

  • De 15 h 00 à 17 h 17 Pendant la manifestation à Museumplein un programme culturel est prévu. Divers personnes y prendront la parole : Anousha Nzume, Tanja Jess, Mariette Patijn (FNV) et Humberto Tan 

    Pendant la semaine nationale d’action du 14 au 20 mars qui précède la manifestation, une multitude de débats et d'activités seront organisés pour divers publics cibles. Une pétition sera présentée au parlement et aux ambassadeurs du COMITE 21 MARS sur les différents thèmes et  le terrain des discrimination sera nommé. 

    Ces activités étaient organisées également l’année dernière par le COMITÉ 21 MARS et soutenu par plus de 80 organisations, dont la Fédération Nationale des Syndicats FNV, le Conseil National des Marocains en Hollande, le Conseil des Églises d’Amsterdam et L’organisation Église en Action.