La ministre de l’Immigration, de la Diversité et de
l’Inclusion, Kathleen Weil, a utilisé une expression qui en dit long sur
le désenchantement que vivent bien des immigrants en arrivant au
Québec. Elle a parlé du phénomène du «rêve brisé».
C’est ce que ressentent souvent les enfants d’immigrants qui ont
vu leurs parents «en arracher» toute leur vie pour se tailler une petite
place ici de peine et de misère. Cette deuxième génération d’immigrants
finit par penser que le Québec n’est pas la terre d’accueil tant rêvée
et que le prix à payer pour immigrer est finalement trop lourd.
Des deuils à faire
Ces enfants d’immigrants devenus adultes à leur tour traînent
parfois avec eux les bagages familiaux comme s’ils venaient de
débarquer. Peut-on les blâmer?
L’immigration reste un concept abstrait pour celui qui n’a jamais
eu à dire adieu à son pays, à quitter sa maison pour toujours, à
laisser derrière soi une bonne partie de ses possessions parce que les
grosses malles sont déjà remplies de biens indispensables. Même
lorsqu’on choisit sciemment de changer de pays, l’immigration représente
une multitude de petits et grands deuils.
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