Trente ans après, que reste-il de la Marche pour l’égalité et contre le
racisme de l’automne 1983? Initiée par des jeunes du quartier des
Minguettes à Vénissieux et des militants antiracistes de la Cimade à la
suite des rébellions urbaines de la banlieue lyonnaise, cette
mobilisation sans précédent symbolise l’apparition dans l’espace public
des enfants d’immigrés post-coloniaux.
La Marche représente une
sorte de «Mai 68 » des jeunes immigrés qui prennent la parole contre
les crimes racistes, pour l’égalité devant la justice et la police, le
droit au travail, le droit au logement, l’accès à la culture, etc.
S’appuyant sur une étude empirique, La Marche pour l’égalité et contre
le racisme se donne pour objectif d’éclairer certaines zones d’ombre
d’un événement mythique mais méconnu. Il s’agit aussi pour Abdellali
Hajjat d’une porte d’entrée idéale pour éclairer les relations sociales
entre groupe national majoritaire et groupes minoritaires, au travers
d’enjeux cruciaux pour la société tout entière: légitimité de la
présence des immigrés sur le territoire, reconnaissance des déviances
policières violentes, recrudescence des crimes racistes, passage de la
rébellion violente à l’action collective non-violente, politisation des
jeunes de cité, question post-coloniale, construction du «problème
musulman», etc.
L’histoire de la Marche constitue un puissant révélateur de ces enjeux politiques toujours d’actualité.
Abdellali Hajjat est sociologue, maître de conférences en science
politique à l’Université Paris-Ouest Nanterre et membre de l’Institut
des sciences sociales du politique. Il a notamment publié Islamophobie
(avec Marwan Mohammed, La Découverte, 2013), Les Frontières de
l’«identité nationale» (La Découverte, 2012).
Le Samedi 26 octobre, 15 h
TERRE DES LIVRES
86 rue de Marseille
69007 Lyon
Contact: elghorba@gmail.com