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dimanche 8 mars 2015

Marocains du monde : A quand un vrai «pacte national pour la diaspora» ?


Depuis plusieurs années, l’immigration marocaine est perçue et traitée principalement comme une problématique lourde à gérer vu la diversité de cette diaspora et la transversalité des dossiers la concernant. Les rencontres et colloques organisés par le ministère de tutelle, le CCME ou la Fondation Hassan II ont tenté de saisir sa réalité, ses mutations et, par-là, ses attentes afin d'initier des politiques publiques adéquates.

Ces bonnes volontés ne sont jamais réellement parvenues à la nécessité d’un véritable « pacte pour la diaspora » qui ne viserait pas seulement l’actualisation du recensement des Marocains du monde, l’amélioration des services consulaires, la réduction des coûts de transfert, l’incitation à l’investissement, la participation politique, l’activation des guichets uniques, etc.  Mais qui rétablirait effectivement leur place de citoyen à part entière.  
Ce pacte exige l’adhésion de toutes les forces vives du pays comme celles de  la diaspora elle-même. Les  institutions  chargées des Marocains du monde devraient sans doute combiner entre les urgences et les questions de fond. La mobilisation massive relative à ce pacte est nécessaire à l’émergence du nouveau Maroc et à sa cohésion: personne n'ignorer le rôle de la diaspora dans l’industrialisation et la modernisation de l’économie chinoise par exemple.

Le gouvernement Benkirane mesure certainement l’importance du dossier  et  l’approche globale qu’il suppose : les Marocains du monde attendent un programme éducatif, culturel, social, cultuel, économique. Il devra impliquer tous ses ministères et multiplier les conventions, partenariats et actions dans le cadre de ce pacte  national en faveur de la diaspora qui constitue un levier incontournable pour le développement, un facteur de renforcement des liens avec les pays d’accueil, un acteur de la diplomatie civile ou «parallèle» et un relais pour la promotion du « produit Maroc ».

 Ce pacte exige d’abord une démarche participative n’excluant aucune composante ou tendance de cette diaspora et une clarification des prérogatives des institutions en charge directement ou indirectement des affaires des MRE voire leur coordination  en fonction des pertinences de ces instances. Cela suppose également une redéfinition stricte du rôle la Direction des affaires consulaires et sociales (DACS), et donc, des consulats dans l’accompagnement des politiques publiques en direction des ressortissants marocains. Sans oublier un réajustement dans le mode de composition du Conseil de la Communauté Marocaine résidant à l’Etranger.  
Le Royaume a lancé une stratégie d’envergure pour le développement de son économie. Le gouvernement marocain sait pertinemment que par leur expertise large et une mobilisation sans faille, les MRE seraient déterminants dans la réalisation de ces objectifs. Ainsi  le «Pacte national pour les MDM» les intégrerait dans les différents plans sectoriels ou régionaux : Plan Vert, Plan Emergence, Plan Automobile, Plan Envol, Plan Azur… voire dans les domaines culturel, sportif, associatif et médiatique.

Certes, cette communauté a de très nombreuses attentes.   Mais un message aussi fort et une action aussi conséquente qu’un pacte pourra sans doute permettre la dissipation des nombreuses frustrations accumulées et des malentendus alimentés par la multiplicité des intervenants et par le manque de communication sur leurs prérogatives pourraient légitimer toute action gouvernementale visant ces expatriés à considérer, surtout, comme des citoyens pouvant contribuer aux grands choix d’avenir.

L’action de tous les ministres du gouvernement Benkirane et en particulier du instances en charge des affaires des MDM, devrait, après examen, commencer par capitaliser sur les acquis et tenir naturellement compte des études et recommandations du CCME, toujours attendue. Et puis, les Marocains du monde n’attendent qu’une implication dans l’élaboration et la mise en œuvre d’un tel pacte en tant qu’acteurs et partenaires privilégiés en espérant une nouvelle stratégie communicationnelle qui mettra fin à leur double exclusion médiatique.

PAR TAOUFIK Boubker
Adaptation du texte publié 
dans LIBERATION.ma le Mardi 17 Janvier 2012  
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