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mardi 29 janvier 2013

Pourquoi l’Eglise catholique s’intéresse-t-elle aux immigrant


« L’Église a la responsabilité d’assurer que l’opinion publique est correctement informée sur les causes qui engendrent les migrations et sur les facteurs qui forcent les gens à quitter leurs foyers. Elle doit s’opposer au racisme, à la discrimination et à la xénophobie, partout et toujours« .

Depuis les milieu des années 1970, la question de l’immigration est devenue centrale au sein des institutions catholiques françaises et européennes. Et certains fidèles s’interrogent sur l’insistance des évêques à tenir une parole forte sur l’accueil de l’immigré.

Président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, le cardinal italien Mgr Antonio Maria Veglio a apporté ses réponses, samedi 19 janvier lors d’un colloque de deux jours organisés au collège des Bernardins par le Centre d’information et d’études sur les migrations internationales (CIEMI), le service national de la pastorale des migrants et le diocèse de Paris. Une intervention truffée de citations reprises de discours, messages, lettres encycliques et exhortations délivrés par Benoît XVI et son prédécesseur Jean-Paul II, et qui intervenait six jours après la 99° Journée mondiale des migrants, célébrée le 13 janvier (1).
« Le phénomène migratoire est impressionnant par le nombre important de gens qu’il touche« , souligne rapidement MgrVeglio. « Il suffit de lire le Rapport mondial sur les migrations 2011 de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour découvrir, par exemple, qu’il y a approximativement 214 millions de migrants internationaux. (…) Par ailleurs, le même Rapport estime que le nombre de migrants internes s’élevait en 2010 à près de 740 millions de personnes« .

« L’Église écoute le cri de souffrance des déracinés »
« Une telle expansion de la mobilité humaine est devenue une caractéristique structurelle du monde moderne« ,  insiste-t-il. « C’est devenu un phénomène stable et toujours plus important, dans lequel ‘l’Église écoute le cri de souffrance de ceux qui sont déracinés sur leur propre terre, des familles divisés par la force, de ceux qui, dans les rapides changements modernes, ne trouvent nulle part de demeure stable’ et où ‘elle perçoit l’angoisse de ceux qui sont sans droits, privés de toute sécurité, à la merci de tout type d’exploitation, et prend en charge leur malheur’(2)"

« La mission universelle de l’Église »
« Quelles sont les véritables raisons qui motivent l’Église catholique à participer au débat sur l’immigration?« , questionne ce membre de la Curie romaine. « La rencontre avec Jésus-Christ vivant – voie vers la conversion, la communion et la solidarité« . « L’expression la plus fondamentale et basique de la mission essentielle de l’Église est de conduire tous les hommes au salut et à l’union intime avec Dieu« , explique-t-il. « L’Église est le lieu où les hommes et les femmes peuvent rencontrer Jésus personnellement et, en lui, ils peuvent parvenir à la connaissance de l’amour du Père. Cette mission est universelle et ne connait aucune limite« .

« Une occasion providentielle pour la proclamation de l’Évangile dans le monde contemporain »
« Aujourd’hui, des migrants internationaux proviennent de pays d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient et de l’Europe de l’Est où les cultures sont souvent enracinées dans des religions non chrétiennes ou même pas du tout enracinées dans une religion« , souligne Mgr Veglio. « De ce fait, ‘le phénomène migratoire aujourd’hui est (…) une occasion providentielle pour la proclamation de l’Évangile au monde contemporain’, comme l’écrit Benoît XVI dans son message pour la Journée des migrants et des réfugiés de 2011

« La présence d’un si grand nombre de gens, de cultures et de religions si diverses, provenant de tellement de régions du monde, invite l’Église à une profonde conversion dans sa rencontre avec le Christ, de sorte qu’elle puisse vraiment devenir un sacrement d’unité et de communion parmi les nations« .
« Une question humaine et morale fondamentale »
Par ailleurs, « pour l’Église catholique, la migration est une question humaine et morale fondamentale« , reprend Mgr Veglio, dans son intervention en français. « C’est un débat dans lequel l’Église apporte sa foi, ses principes moraux et sa longue expérience, car les migrants ont joué un rôle clé dans de nombreuses Églises locales tout au long de l’histoire chrétienne

« Les migrants sont nos ‘prochains’ »
« Les migrants sont nos frères et nos sœurs – nos ‘prochains’, comme le proclame l’Évangile. Le Pape Benoît XVI confirme clairement que, dans l’enseignement de Jésus, le concept de ‘prochain’ ne peut plus se limiter uniquement à la ‘communauté solidaire d’un pays ou d’un peuple’. ‘Celui qui a besoin de moi et que je peux aider, celui-là est mon prochain’. Il requiert mon engagement concret ici et maintenant’(3). Tous les hommes sont frères et sœurs et le statut du migrant ne change rien à cela

« Le principe du respect de la dignité de la personne humaine »
« Le rôle de l’Eglise catholique dans le domaine de la migration s’enracine dans sa doctrine sociale et repose en particulier sur le principe du respect de la dignité de la personne humaine. Son respect des migrants comme êtres humains qualifie l’Église catholique de façon unique pour aider les nations à comprendre ‘ce qui est juste’ pour eux« , souligne le cardinal. « C’est la raison pour laquelle elle participe au débat concernant la situation actuelle des migrations et offre son assistance pour l’élaboration d’une législation juste, dans laquelle la vie des nouveaux arrivants peut être enrichie et où le bien de la nation particulière qui les accueille peut être servi

« Construire un sens de la communauté »
« Pour les nouveaux arrivants, devenir membres à part entière ne se fait pas en une nuit, et cela ne se fait pas non plus par les seules réformes de la législation sur l’immigration« , argumente-t-il. « En dernière instance, le processus d’intégration – l’édification de la communion entre ‘frères et sœurs’ – ne requiert pas seulement des opportunités politiques, sociales et économiques, mais la construction d’un sens de la communauté et de valeurs partagées

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